maison d’arrêt de femmes à Marseille. communiqué depuis les Baumettes.

Communiqué (07/11/2020)

Durant toute la nuit du mardi 3 au mercredi 4 novembre, à partir de 23h,
les ERIS (Équipes régionales d’intervention et de sécurité) de Marseille
sont intervenues pour une fouille sectorielle surprise au sein de la MAF
(maison d’arrêt pour femmes) des Baumettes. Les membres cagoulés et
lourdement armés de ce « GIGN de la pénitentiaire » ont fait subir à des
prisonnières un traitement dégradant en leur demandant de se dénuder
entièrement sous leurs yeux. Tout en les exposant à leurs regards, les
autorités ont férocement procédé à la fouille en saccageant plusieurs
cellules, perçant les sachets de nourriture, répandant au sol les
vêtements, insultant les prisonnières. Le prétexte avancé par
l’administration pénitentiaire (AP) pour cette intervention violente et
humiliante serait la lutte contre le terrorisme en prison.

De fait, ces violences servent avant-tout à intimider les prisonnières
que l’AP juge trop « radicalisées ». À cela s’ajoutent les nouvelles
conditions imposées par l’AP depuis plusieurs mois : impossibilité de
cantiner du tabac, distribution de masques aux prisonnières seulement à
partir de mi-octobre, UVF (Unités de visite familiales) et activités
supprimées, stricts protocoles sanitaires (parloirs hygiaphones, vitres
en plexiglas, etc.) mais réduction des temps de parloir. Plein de salles
de parloir sont pourtant vides. Des prisonnières ont organisé
collectivement des refus de remonter de promenade ces derniers jours,
protestant contre des coupures d’eau arbitraires, et ont été pour cette
raison transférées au QI (quartier d’isolement).

Comme ces événements le prouvent, la répression liée aux états d’urgence
dehors est amplifiée à l’intérieur.

 


Force et soutien aux prisonnières de la MAF !